Allez hop au bistrot de la cale

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Allez hop au bistrot de la cale !

La Bretagne fait partie de ses régions réputées pour sa gastronomie à base de beurre salé ( le seul qui mérite l’appellation beurre. Il faut arrêter avec ce truc sans sel qui ressemble plus à une crème hydratante aromatisée au gras qu’à un subtil exhausteur de plaisir spécial tartines du matin, du midi, du goûter…), ses plages de sable fin, ses poissons et crustacés, mais aussi surtout pour ses autochtones tellement accueillants et conviviaux.

L’autre soir, donc Calamity, était bien décidée à profiter du soleil et de la douce chaleur sur une terrasse d’un sympathique troquet appelé Bar - tabac- PMU de la cale. Le fin du fin. Le bar d’un charmant port de pêche, fréquenté par une faune locale, amatrice de demi bien frais et de blanc bien sec. Le genre d’endroit où l’été les envahisseurs vêtus de tricots rayés portant encore les traces de pliures de la coopérative maritime ne sont pas les bienvenus, rapport à leur manie de réclamer des cocktails connus d’eux seuls, portant des noms imprononçables.

Dans le présent troquet les trois seuls cocktails à la carte sont le kir pour la tradition, le mojito pour l’exotisme et le Allez hop, pour bien démarrer la soirée.

- Marie ! Un mojito, et deux Allez hop qui vont bien !

Pendant que l’on sirote tranquille, voilà Pierrot qui décide de rentrer dans le sus-dit établissement pour commander un nouveau rafraîchissement. A la démarche, on peut supposer qu’il en est à son douzième demi, bien frais. C’est important l’hydratation en ces périodes de canicule.

- Pierrot, ton masque ! - Tu m’emmerdes Marie avec ton masque, moi je le mets pas pour commander un demi ! - Alors tu sors ! C’est obligatoire ! - Tu m’emmerdes ! Quand on te dira de mettre une plume dans le c… tu vas le faire aussi ?

Marie n’aura pas le temps de répondre. Tel un chevalier blanc dans son costume de héros moderne ( short et tongs), voilà Dan, qui sort Pierrot avec la grâce et l’élégance que lui permettent les quelques kirs avalés, toujours pour s’hydrater bien sûr. Pierrot n’étant pas décidé à se laisser emporter aussi facilement, se lance avec l’énergie du désespoir dans un discours médico-covidé-macronien, présentant des arguments subtils et hautement scientifiques sur l’inefficacité du masque et des vaccins en ces temps covidiens.

Les mots ne semblant toucher ni le cœur ni l’esprit de son camarade de soirée, Pierrot se lance dans une sorte de transe, agitant ses petits poings sous le nez de Dan, qui lui aussi décide de s’engager dans un ballet, digne d’un combat de Marcel Cerdan mais sans adversaire. C’est quand même beau l’air-boxe ! A moins que nos deux amis ne souffrent de problèmes oculaires empêchant chacun d’évaluer la distance, et donc empêchant le bourre-pif anesthésiant qui aurait permis à chacun de libérer le trop plein d’énergie, dû aux excès de sucre liquide.

Quelques joyeux drilles, tout aussi hydratés que nos deux combattants, mais tout aussi respectueux des gestes barrières, et de la distanciation sociale dans les combats au corps à corps viendront aider Dan à protéger Pierrot des tables renversées et des verres cassés en bombant le torse et se livrant eux aussi à des envolées médico-lyriques.

Pierrot, finalement peu enclin à se ranger aux arguments de ses compagnons, s’éloignera tel un prince, en lançant à la cantonade :

- Hééééé Va te faire pucer le fion ! Connard !

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