Comme disait Rika

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Que l’on soit en vacances ou pas, il y a des corvées auxquelles on ne peut échapper. Et Calamity, elle a une chouette corvée quotidienne : sortir le fauve sanguinaire, savant mélange entre la bête de Gévaudan et le chien des Baskerville. La bestiole qui malgré un âge déjà respectable a décidé de garder sa force incroyable, une énergie de jeune chiot et une intelligence à géométrie variable.

A chaque balade, mon bras s’allonge de quelques centimètres et les muscles se bandent dès les premiers pas ( ça fait rêver hein, mais on est d’accord qu’on parle juste de mon bras ? ). L’animal confond vitesse et précipitation et pour lui une bonne laisse est une laisse bien tendue.

Nous, voilà donc tous les deux sur la voie de chemin de fer abandonnée puis réaménagée pour randonneurs du dimanche. Tel un champion de course, poils au vent et truffe à l’affût, la bestiole s’élance et moi je cours derrière avec la grâce d’un hippopotame hypocondriaque poursuivi par une nuée de moustiques. Et là je me dis que l’expression est complètement inadaptée puisque le moustique capable de planter sa trompe dans le cuir de hippopotame n’est pas encore né. Mais c’est tout ce qui m’est venu à l’esprit, alors on va faire avec.

Au bout de quelques kilomètres à ce rythme, la langue du fauve commence à s’allonger et pourtant mon bras, lui, ne rétrécit pas. Connaissant le chemin, je sais qu’il y a bientôt un endroit bucolique où une petite rivière affleure le sentier, la pause idéale pour abreuver Médor. Aucune acrobatie n’est utile, pas de risque de mise en danger. On s’en approche toujours aussi rapidement, et comme la bête peut être un tantinet susceptible quand un de ces congénères vient lui renifler les parties intimes, je m’assure qu’aucune bestiole à poils ne traîne dans le secteur. Ouf juste un humain qui, sauf maladie mentale avérée, ne devrait pas se sentir obligé de nous sentir le c.. En plus il est occupé, il téléphone tout en semblant fouiller le sol. Peut être un mycologue amateur de psylo.

Go ! La bête sent enfin l’oasis à portée de truffe. Quand soudainement je vois dans l’angle mon camarade de balade se pencher plus avant, attraper un bout de bois, et…le lancer au beau milieu de la rivière ! Et voilà que surgit un canidé tout de noir vêtu. Canidé, non repéré précédemment, qui se précipite et saute joyeusement dans l’eau, accompagné de mon bestiau à moi, qui sans crier gare suit son nouveau pote sans se soucier de me savoir à l’autre bout de la laisse, les deux pieds sur un terrain boueux glissant.

Les chaussures à semelles aussi lisses que la peau du postérieur d’une vieille fille qui n’aurait jamais vu le soleil ces 40 dernières années, se laissent aller, glisser aussi facilement qu’une danseuse de tango au bras de Guy Marchand. Mon bras rallongé mais n’ayant pas l’élasticité d’un vieux chewing-gum à la chlorophylle, suit le mouvement et en moins de temps qu’il n’en faut pour faire une omelette aux cèpes, me voilà les pieds dans l’eau et le pétard dans la boue.

Une position pour le moins gênante et humide pour toute personne normalement constituée. Situation qui aurait mérité un secours charitable et immédiat, mais malheureusement le cuistre responsable de ce lâche attentat, se contente de se tenir les côtes, pendant que les deux poilus, langue pendante et queue en action semblaient me dire :

- Yeahhh Calamity, tu viens jouer avec nous ! Trop cool !

Les vacances commencent pas super !

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